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Travaux en cours

Cet espace est en cours de réaménagement pour préparer 2019 et son lot de nouveautés.
Vous y découvrez en avant-première les prémices d'une refonte esthéthique et organisationnelle de l'ensemble du site.
Ces évolutions font partie d'un projet plus conséquent visant a améliorer l'animation de réseau et le suivi de l'ensemble des chantiers.

Ce texte est une republication d’une tribune écrite et publiée en 2012 et qui reste, malheureusement d’actualité.


Depuis plusieurs mois, des compagnies, de plus en plus nombreuses, nous contactent pour nous faire part des difficultés qu'elles rencontrent dans leurs échanges avec les lieux de diffusion. De plus en plus fréquemment, au cours de la négociation sur les conditions d'achat du spectacle, le coût plateau est avancé pour faire baisser les prix.

Parfois interprété abusivement comme le coût du spectacle en exploitation, le coût plateau (salaires des interprètes et des techniciens en tournée et éventuels consommables) ne peut en aucun cas être assimilé à un prix de cession. Il existe de nombreux autres coûts dans une compagnie qui doivent également être couverts : l'amortissement du spectacle bien entendu, mais également les frais inhérents à la gestion d'une entreprise productrice de spectacle : salaire des administratifs, du/de la chargé(e) de diffusion, du temps de travail du/des directeurs artistiques... En outre, parce qu'une compagnie porte aussi un projet entrepreneurial, une fois tous ces coûts pris en compte, une marge vient s'ajouter afin de pouvoir financer les futures productions, remplacer le matériel, développer des projets...

Etre une compagnie, c'est en premier lieu défendre un projet artistique ; mais c'est également gérer une entreprise au quotidien et construire un projet qui s'inscrive dans le temps. Etre professionnel du spectacle vivant, c'est vivre de son métier.

Au Syndicat du Cirque de Création, nous affirmons qu'une autre économie que celle du profit est possible. Pour autant, nos salariés doivent vivre décemment de leurs métiers et nos compagnies disposer de capacités économiques leur permettant d'assumer leurs responsabilités et de se développer.

Nous vivons dans un écosystème où producteurs et diffuseurs sont étroitement liés. Il nous apparait essentiel de rappeler que les compagnies assument la quasi totalité des coûts de production (selon une étude DGCA à paraitre sur les aides à la création DGCA, les coproductions représentent 30% du cout de production) et la totalité de la responsabilité sociale et économique. Négocier une cession à un coût plateau reviendrait à ignorer tout ce travail du quotidien qui nous permet d'être exigeants sur la qualité des spectacles que nous présentons au public. Cela reviendrait également à affaiblir les compagnies et participer à leur paupérisation accrue, rendant ainsi de plus en plus complexe le montage de projets artistiques ambitieux.

En ces temps de transition économique (la "crise" reviendrait à penser que l'on reviendra un jour à l'état initial, ce dont on peut douter...), le spectacle vivant, et en son sein le cirque de création, doit repenser son fonctionnement et son évolution. Le Syndicat du Cirque de Création y participe au quotidien par son investissement dans l'Ufisc (Union Fédérale d'Intervention Culturelle) ou dans le GNAC (Groupement National des Arts du Cirque) mais il est inconcevable que les compagnies soient ainsi prises dans un étau, entre des partenaires publics qui réduisent leurs aides directes et des diffuseurs accentuant la pression sur les prix de cession. Le salut de l'institution culturelle ne passera certainement pas par l'étouffement des producteurs de spectacles.

Les prix de cession présentés par les compagnies reposent sur des équilibres économiques murement réfléchis et ne sont pas fait au 'doigt mouillé'. Chaque négociation à la baisse de ces prix a des conséquences sur les spectacles présentés au public, sur les projets, sur les territoires, sur l'emploi. Nous invitons chacun à radier cette notion de 'coût plateau' de son vocabulaire dans la relation contractuelle entre compagnie et diffuseur et à réinvestir celle de projet artistique et culturel.

Construisons ensemble le Cirque d'Aujourd'hui et de Demain...